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Caroline Corbal

De DemocracyOS France à Code For France, le choix des communs

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Une histoire qui continue

Après 4 années d’engagement, d’actions de terrain, de réflexion et de partage d’expérience, nous avons fait le choix de mettre fin à l’activité de DemocracyOS France. Surtout pour faire différemment, et on l’espère, encore mieux. Dans cette optique, nous avons fusionné avec Code For France et transféré nos projets sur la plateforme numérique libre Decidim (et tout se passe bien). 

Notre pari : plus de démocratie grâce au numérique

En 2015, nous publions notre manifeste “Réinventons la démocratie” et appelions tout.e citoyen.ne motivé.e à rejoindre nos rangs. Nous écrivions dès lors :

“Internet fournit aux hommes et aux femmes de tous pays une interface formidable pour transcender cet obstacle bien trop souvent utilisé pour légitimer les dérives d’un système se transformant jour après jour un peu plus en une véritable oligarchie: la distance.”

Notre pari reposait ainsi sur l’immense potentiel offert par le numérique pour recréer du lien entre les citoyens et leurs représentants et offrir des alternatives au “chèque en blanc” signé par les citoyens à chaque scrutin.

L’histoire est née en Argentine en 2012, lorsque des étudiants, des entrepreneurs, des politologues se sont emparés du sujet, las d’être exclus des prises de décisions et de ne bénéficier d’aucun moyen de contrôle sur les institutions. Ils ont ainsi proposé une nouvelle forme de démocratie plus directe en donnant la parole aux citoyen.ne.s sur un outil numérique développé à cette occasion : le logiciel de consultation en ligne DemocracyOS.

Les membres du Partido de la Red avec le cheval de troie qu’ils ont construit pour symboliser l’entrée des citoyens dans les espaces de décision de manière directe grâce au numérique 

En France, nous avons fédéré des citoyens autour de l’adaptation de cet outil au contexte national et à la dissémination de connaissances autour de ces modèles participatifs émergents. L’association DemocracyOS France a ainsi été créée pour coordonner ces actions et faire l’interface avec des collectifs, des associations ou encore des acteurs publics désireux d’utiliser ces nouveaux outils.

Nous étions loin d’être les seuls à faire ce pari. Une association comme Regards Citoyens avait proposé dès 2009 des des outils comme NosDéputés.fr pour plus de transparence de la vie parlementaire. En 2016, une multitude de nouveaux acteurs, associatifs ou entrepreneuriaux sont apparus dans ce paysage en construction, consacrant ainsi le terme “civic tech” pour désigner les technologies conçues pour renforcer l’engagement citoyen, la participation démocratique et la transparence des gouvernements.

Très rapidement, nous avions fait le constat que cette vague « civic tech » s’éloignait de plus en plus des principes et valeurs qui nous semblaient fondamentaux pour combiner numérique et enjeux démocratiques. Nous joignions ainsi notre voix à celle d’autres acteurs de la société civile pour alerter sur le danger du “civic business” lors de l’OGP Summit 2016, que la France accueillait.

En complément : 

 

 

Un commun numérique, sinon rien 

DemocracyOS est un logiciel libre, c’est-à-dire que son code source est public (mis à disposition sous la licence AGPL 3.0) et que chacun peut y accéder le copier, le modifier pour l’adapter ses besoins, etc.

Ce choix a été une évidence pour ses concepteurs : il était impératif de garantir un maximum de transparence en permettant à chacun d’auditer le logiciel, de pouvoir comprendre son fonctionnement et d’exercer un contrôle sur celui-ci.

Nous avons rappelé ainsi à de nombreuses reprises que le “code faisant loi”, le logiciel libre pour les civic tech ne devrait en réalité pas être un choix, mais un principe de base d’ouverture “by design”.

Au-delà de cette ouverture, nous avons souhaité ouvrir la gouvernance de DemocracyOS et en faire un commun numérique.

“Un commun désigne une ressource produite et/ou entretenue collectivement par une communauté d’acteurs hétérogènes, et gouvernée par des règles qui lui assurent son caractère collectif et partagé.”

Pourquoi en faire un commun ? 

Ce choix s’est directement inscrit dans notre volonté de lutter contre le “solutionnisme technologique” et d’adopter une approche pragmatique, proche des besoins des utilisateurs et conçue avec eux au fil du temps.

Les principales raisons qui ont motivé notre choix de faire de DemocracyOS un commun :

  • 1. Mutualiser les coûts de conception et de maintenance
  • 2. S’assurer que le futur de DemocracyOS ne repose pas que sur une minorité d’acteurs
  • 3. Garantir que DemocracyOS évolue en synergie avec les besoins exprimés par ses utilisateurs
  • 4. Améliorer la qualité de l’outil en accueillant les contributions d’une communauté aux compétences hétérogènes
  • 5. Donner confiance dans le projet en donnant des garanties de transparence et d’inclusion ;
  • 6. Mieux répartir la valeur créée au sein de la communauté
  • 7. Encourager sa large diffusion et adoption.

En complément : 

 

 

Plus de 3 ans après, quel bilan ? 

Nous nous étions donnés plusieurs missions :

  • Mission 1 : accompagner des mouvements citoyens, des institutions, des entreprises, des associations et tous types de structure prêts à faire le pari de la démocratie participative en ligne grâce à un outil libre, simple et efficace.

Bilan : nous avons accompagné plusieurs acteurs publics et privés dans la conception et la mise en oeuvre de leurs consultations : la Ville de Nanterre, la Mairie de Paris, l’Assemblée Nationale, les associations Halte à l’Obsolescence et Open Law, le collectif #MaVoix, la Ruche Saint-Cloud, etc.

Après tout un travail de collaboration avec les équipes d’Etalab, DemocracyOS a été mis à disposition des administrations via la collection d’outils https://consultation.etalab.gouv.fr/.

DemocracyOS étant simple d’utilisation, le logiciel a fréquemment répondu au besoin d’acteurs publics et privés privilégiant un coût d’entrée faible sur l’outil pour les utilisateur.rices.

La Mission Société Numérique l’avait ainsi utilisée pour sa consultation autour de l’article 69 de la Loi pour une République Numérique.

DemocracyOS France a aussi été lauréat de l’Appel à Projets Innovation Publique de la Mairie de Paris en 2018. Nous mettons ainsi aujourd’hui à disposition de toutes les associations le souhaitant une plateforme de concertation / participation pour leur gouvernance ou pour ouvrir leur action aux citoyens.

 

  • Mission 2 : Rassembler une communauté prête à faire évoluer l’outil existant pour l’adapter aux exigences de l’exercice de la démocratie.

 

Bilan : la dynamique de communauté autour de DemocracyOS s’est fortement appuyée sur l’application de nos valeurs : la transparence, l’ouverture, la collaboration. Au niveau technique, le code était librement mis à disposition sur Github avec une documentation mise à jour régulièrement. L’adhésion à l’association était ouverte à tou.te.s, peu importe son temps ou ses compétences. Une boucle de discussion ouverte au public sur l’application Telegram a permis de répondre aux questions de chacun.e. Pour diffuser l’actualité de l’association, une newsletter venait en complément des réseaux sociaux. Des temps de rencontre physiques étaient aussi organisés régulièrement.

Enfin, des échanges réguliers avec la communauté mère Argentine avaient pour objectif de nous coordonner et de partager nos retours d’expériences, très différents du fait des spécificités locales.

  • Mission 3 : Promouvoir une culture de participation citoyenne nouvelle via le numérique ouvert.

Bilan : ici notre enjeu était double : faciliter l’émergence d’une culture nouvelle de la participation citoyenne par le numérique, tout en prônant pour cela l’usage d’un numérique ouvert, éthique, respectueux des libertés de chacun.e.

Pour y parvenir, nous avons participé à de nombreuses conférences, nationales et internationales, à des émissions radio et TV.

Présents dans les médias pour sensibiliser le grand public à ces enjeux, nous avons répondu à des interviews pour de nombreux médias :

Un de nos publics cibles a été les étudiant.e.s : le taux d’abstention chez les jeunes étant particulièrement élevé, il nous semblait évident de les outiller et les accompagner dans leur réflexion pour faciliter leur engagement, leur contrôle de l’action des institutions, leur capacité de mobilisation, etc. Pour cela, nous avons notamment travaillé avec les étudiants de l’école IESIA Multimédia dans le cadre de la Student Demo Cup dont nous sommes sortis lauréats :

Cette dynamique s’est poursuivie dans le cadre du projet Hack ta Fac de l’Université de Bordeaux, dont nous avons formé les équipes aux bases des démarches de participation. Aujourd’hui, l’Université poursuit et augmente sa démarche en ouvrant un budget participatif sur l’outil Decidim.

Enfin, nous avons collaboré avec d’autres collectifs sur des actions ciblées, à l’image du projet Rapporteurs Citoyens en partenariat avec regards Citoyens et Faistaloi.org.

  • Mission 4 : Participer à la structuration de l’écosystème “civic tech” ouvert.

Pour porter nos messages plus haut et plus loin, nous avons fait le choix naturel d’engager des coopérations durables avec d’autres acteurs,. Notre objectif ? Structurer un écosystème d’acteurs publics et privés autour du développement d’outils libres et ouverts oeuvrant pour l’intérêt général, sur un socle de valeurs communes.

Bilan : En 2016, DemocracyOS a co-fondé le projet Open Democracy Now avec d’autres acteurs tels que l’association Open Law, le Droit ouvert, Open Source Politics, République Citoyenne, l’OGP Toolbox, etc. Pendant plus d’un an, nous avons co-organisé une dizaine de hackathons ouverts à tous pour structurer et accélérer le développement d’outils numériques libres pour la participation citoyenne et la transparence de l’action publique, mais également d’autres ressources non-numériques utiles à créer la confiance nécessaires à toutes les parties prenantes de ces démarches.

Cette action s’est progressivement internationalisée, par exemple au travers d’une étroite collaboration avec g0v.tw et l’Open Culture Foundation avec qui nous avons organisé la veille de l’Open Government Partnership Summit une Open Civil Society Night : une soirée réunissant des projets civic-tech open source du monde entier.

Alors, pourquoi on arrête ? 

Au fil du temps, nous avons rencontré plusieurs difficultés :

  • La difficulté à se coordonner effectivement avec la communauté argentine : après de nombreux échanges, nous avons dû accepter qu’il était trop complexe de s’accorder sur un développement coordonné de DemocracyOS à l’international. Les argentins avaient tendance à voir les choses en grand pour l’outil, alors que nous adoptions une approche plus pas à pas de consolidation de l’existant.
  • La difficulté à maintenir l’outil d’un point de vue technique du fait d’un nombre trop faible de développeurs contribuant régulièrement au code. A cela s’est ajoutée l’obsolescence progressive des langages utilisés, peu attrayants pour certains développeurs.
  • La faible modularité du logiciel, rendant plus délicate un développement agile de nouvelles fonctionnalités.
  • La complexification des besoins de certains utilisateurs.

La simplicité de DemocracyOS et sa capacité d’adoption pour des acteurs de petite taille et/ou peu familiers des usages participatifs nous a fait hésiter à prendre la décision d’arrêter de le maintenir en France.

En parallèle, nous nous somms intéressés de près à la génèse du projet Decidim, une plateforme de participation citoyenne libre, conçue comme un commun numérique, initiée en 2016 par la Mairie de Barcelone, très proche de nos valeurs. Alors au moment où nous nous sommes posé la question : faut-il chercher des fonds pour repartir à zéro au niveau du code et construire une base plus modulaire et dynamique ?, nous avons finalement fait le choix d’unir nos forces à celles de Decidim pour ne pas dupliquer inutilement l’effort. Et comme véhicule pour y parvenir, nous avons choisi Code For France, un projet que nous avons co-fondé dans la suite d’Open Democracy Now.

Aujourd’hui, nous fusionnons avec Code For France 

Decidim : un choix technique et éthique

Au niveau technique, Decidim couvre les fonctionnalités couvertes par DemocracyOS mais va surtout beaucoup plus loin en proposant aussi bien des fonctionnalités de budget participatif, que de tirage au sort, co-rédaction de textes, enquêtes, sondages, etc.

Le suivi des réalisations est au coeur du système et donne confiance aux participants qui sont informés en temps réel de la mise en oeuvre des décisions prises et peuvent interpeller ceux qui en sont responsables.

Sa grande modularité permet de l’adapter aux besoins spécifiques des acteurs qui l’utilisent.

Mais Decidim n’est pas qu’une plateforme de participation. C’est avant tout un projet technopolitique, né au croisement de phénomènes majeurs tels que la crise de la démocratie représentative et une forte critique des géants du numériques (GAFAM), avec la volonté de proposer de nouveaux modèles démocratiques.

Ainsi, l’évolution de Decidim repose sur un socle de valeurs traduite dans son code social, dans lequel nous nous retrouvons pleinement.

Decidim est un véritable commun numérique : il est gouverné collectivement par un ensemble d’acteurs hétérogènes selon des règles communément définies et mises en oeuvre pour assurer sa pérennité.

Chacun peut y participer librement en rejoignant la communauté MetaDecidim et ainsi décider aussi bien du futur technique (feuille de route) du logiciel que de l’évolution de sa gouvernance.

Cette gouvernance ouverte et participative nous donne confiance dans la capacité de la communauté à pérenniser Decidim dans le temps.

En complément : 

 

 

Mutualiser les énergies via le collectif Code For France

Plutôt que maintenir en parallèle plusieurs collectifs qui oeuvre pour une démocratie numérique libre et ouverte, nous avons préféré mutualiser nos énergies et nos moyens pour renforcer notre impact collectif. 

Nous avons ainsi choisi de “fusionner” avec le collectif Code For France, qui promeut des idées et développe des outils au service d’un monde numérique libre et ouvert offrant des opportunités à tous les citoyens.

Concrètement : 

  • La responsabilité des projets en cours de DemocracyOS France est transférée vers Code For France
  • Les consultations en cours tournant sur le logiciel DemocracyOS sont migrées vers le logiciel Decidim : c’est le cas du projet Agorasso !
  • Le code et la documentation de DemocracyOS seront toujours disponibles, mais la maintenance du logiciel ne sera pas assurée par Code for France. Étant un logiciel libre, toute personne peut le faire évoluer et le maintenir.

Comment contribuer ? 

  • Contribuer à Decidim : code, documentation, localisation, dons
  • Participer aux événements de CFF
  • Devenez membre de CFF
  • Soutenez les projets hébergés par CFF
  • Porter le message des communs au sein de la civictech

Charte éthique pour les démarches de participation en ligne : sprint final !

By | Général | No Comments

Charte éthique pour les démarches de participation en ligne : sprint final !

Les débuts de DemocracyOS France

 

Initiée par un collectif citoyen durant l’année 2016 et collectivement rédigée avec des acteurs publics et privés lors des hackathons Open Democracy Now, la Charte éthique « pour la confiance dans les démarches de participation numérique» est en phase finale de rédaction.

Présentée fin 2016 lors de l’Open Source Summit et du Sommet mondial du Partenariat pour un Gouvernement Ouvert, elle propose un ensemble de règles visant à donner à tous les utilisateurs de plate-formes de participation numérique des garanties de loyauté, de transparence et d’inclusivité afin de stimuler ces démarches, ainsi que des éléments factuels permettant de les évaluer.

→ Voir http://opendemocracynow.net/charte

À la fois référentiel et « outil clé en main », elle a ainsi pour vocation de guider les acteurs (institutions publiques, entreprises, associations, collectifs citoyens, mouvements politiques, élus, etc.) qui souhaitent lancer des démarches de participation en ligne, tout en rassurant les utilisateurs, préservant ainsi la confiance de l’ensemble des parties prenantes.

L’objectif de ce “sprint final” est de finaliser une première version de la charte afin de la partager plus largement auprès de tous les acteurs pour qui le numérique doit compter dans les démarches citoyennes.

Vous êtes convaincus que l’usage du numérique dans les démarches d’Open Gov doit reposer sur des valeurs fortes et une acculturation à tous les niveaux ?

Contribuez au sprint final ! Toute aide est bienvenue : rédacteur, relecteur, traducteur, graphiste, etc.

RDV dans les locaux d’Open Law et de DemocracyOS France le weekend des 25 et 26 novembre.

DemocracyOS France : what’s on ?

By | Cas d’usage | No Comments

DemocracyOS France : what’s on ?Les communs numériques

En cette année riche en élections, DemocracyOS continue d’agir pour que les citoyen.nes redeviennent acteur.ices de la vie politique. Nous sommes convaincu.es que le numérique est un formidable outil pour transformer le fonctionnement de notre démocratie, en impliquant davantage et sur la durée les citoyen.nes tout en s’appuyant sur l’intelligence collective. Pour que ce changement ait lieu, nous revendiquons avec détermination notre volonté d’être ouverts, transparents, collaboratifs et inclusifs. Pour que les “civic-tech” permettent concrètement de renforcer la participation citoyenne, il est fondamental que ces outils soient à l’image de celles et ceux qui les utilisent. Alors, construisons-les ensemble !

2016, au cœur de l’effervescence des “civic -tech”

En 2016, les initiatives “civic tech” se sont multipliées, en réponse à une véritable demande de renouveau des pratiques démocratiques. L’agenda français étant également à l’Open Governement, nous nous sommes impliqué.es dans la préparation de l’Open Government Partnership Summit afin d’y porter notre vision de l’Open Gov et d’y proposer des actions concrètes, notamment au travers du hackathon mondial OGP Toolbox, en rencontrant des activistes souhaitant utiliser notre outil, ou encore en travaillant avec des étudiant.e.s sur la participation au sein des universités.

Notre projet Open Democracy Now, qui s’engage à co-développer des solutions libres et ouvertes pour la démocratie, a organisé la veille de l’Open Government Partnership Summit aux côtés de g0v.tw et l’Open Culture Foundation une Open Civil Society Night : une soirée réunissant des projets civic-tech open source du monde entier.

Par ailleurs, nous avons mené de nombreux projets de front : de l’ouverture de plusieurs consultations (Ville de Nanterre, associations Halte à l’Obsolescence et Open Law, collectif #MaVoix, etc.), à la victoire de notre projet Empowering Student lors de la Student Demo Cup, en passant par le projet Rapporteurs Citoyens en partenariat avec regards Citoyens et Faistaloi.org, ou encore l’ouverture de partenariats internationaux.

Tous ces projets nous ont permis d’asseoir nos certitudes : au sein des démarches de “civic-tech”, l’ouverture est aussi fondamentale que réalisable. Nous ne cesserons d’inviter nos utilisateur.ices à garantir la transparence et la sincérité des consultations qu’ils lancent, en respectant les principes de l’Open Source et en ouvrant les données sous une licence Open Data. En outre, nous les encourageons vivement à dépasser une simple approche « outil » : une consultation est une démarche globale, qui demande une méthodologie adaptée, la mobilisation de ressources pour animer le processus, ainsi que des engagements forts sur la prise en compte de la parole des citoyens une fois la consultation close.

Depuis la rentrée, nous nous sommes progressivement restructuré.e.s et nous avons évolué. Bien que toujours concentré.es sur nos objectifs, nous avons décidé d’adapter nos moyens d’actions et nos priorités, en plaçant la communauté de DemocracyOS au cœur de nos projets.

2017, ouvrir et pérenniser notre action

Depuis le début de l’année, DemocracyOS poursuit quelques grands axes forts, centrés autour de la diffusion de l’outil et du développement de la communauté qui le porte.

Faire progresser DemocracyOS avec vous

La communauté est au cœur des actions de DemocracyOS. Qui forme concrètement cette communauté et quel est son rôle ? Dans un projet Open Source, la communauté rassemble l’ensemble des acteur.ices qui gravitent autour de l’outil et des usages qui en sont faits. Sont donc concerné.es celles et ceux qui contribuent à améliorer le code de l’outil, qui l’utilisent à petite ou grande échelle, mais aussi qui l’observent de près ou de loin, qui le questionnent, font remonter des dysfonctionnements, proposent des pistes d’amélioration, en résumé tou.te.s celles et ceux qui le font progresser et s’ouvrir à de nouveaux horizons.

Unir nos énergies à l’international

DemocracyOS est née en Argentine en 2012. Il y a quelques années, nous avions fait le choix de dupliquer la version argentine pour développer une autre version, plus adaptée au contexte français.

Aujourd’hui, nous souhaitons fusionner à nouveau avec la version Argentine, et unir nos énergies à l’international pour que l’outil ne cesse de progresser.

Democracia en Red, les membres de DemocracyOS en argentine.

Bénéficiant ainsi d’une communauté internationale et renforçant nos partenariats hors-frontières, notre action s’enrichit de nouveaux retours d’expérience et de nouveaux axes de développement.

Mettre nos utilisateur.ices en lumière

Collectivités locales, associations, candidat.es et élu.es, mouvements ou partis politiques, administrations, gouvernements… Les acteur.ices qui font le choix d’utiliser DemocracyOS sont divers et adressent des enjeux différents.

Pour mieux appréhender les différents usages qui peuvent être faits autour de DemocracyOS, nous répertorions les cas d’usage au fur et à mesure sur notre site.

Dans l’optique de représenter tous les enjeux et les bénéfices d’une consultation, nous initions également une série d’interviews autour d’expériences en cours ou terminées.

Déployer un écosystème d’acteurs innovants

Nous souhaitons travailler avec des acteur.ices qui fournissent du service autour de DemocracyOS, par exemple : installation d’une instance DemocracyOS customisée sur mesure, développement de fonctionnalités spécifiques, accompagnement méthodologique, animation de la consultation, etc.

Nous acceptons tout partenariat, du moment que les règles du jeux sont respectées : les modifications du code apportées par le prestataire doivent être reversées en open-source à toute la communauté, afin que chaque acteur.ice puisse bénéficier des améliorations de l’outil.

Pour cela, nous créons les conditions favorables à l’émergence d’un écosystème innovant, en proposant de certifier les compétences de contributeur.ices ayant acquis une expertise technique sur DemocracyOS, et qui adhérent à la philosophie et aux valeurs du projet. Ces personnes bénéficient ainsi d’une sorte d’ « habilitation » par la communauté à fournir du service autour de notre logiciel. L’objectif ? Etablir des rapports de confiance avec nos partenaires.

N’hésitez pas à vous rapprocher de nous pour en savoir plus !

Open Democracy Now continue en 2017

Notre volonté de garantir plus d’ouverture et de transparence dans la “civic tech” se concrétise également par la co-organisation du projet Open Democracy Now, depuis janvier 2015. Depuis 2015, nous co-organisons le projet Open Democracy Now qui fédère une trentaine d’initiatives “civic-tech”, autour du développement concret de projets libres et open source pour une démocratie ouverte et participative.

Ainsi, nous organisons tous les deux mois environ des grandes rencontres sous la forme d’ateliers de travail, réunissants développeurs, graphistes, juristes, chercheurs, étudiants, sociologues ou encore des citoyens motivés pour faire progresser chaque projet.

Très rapidement, nous avons dépassé une approche simplement “outils” pour réfléchir collectivement aux méthodologies et valeurs qui doivent être associées aux démarches de participation en ligne.

Il existe tellement d’outils et d’initiatives, que souhaitons aussi empêcher l’isolement des différents projets, qui freinerait toute dynamique commune. S’il est crucial de ne rien centraliser, de multiplier les expérimentations, d’agir horizontalement, il demeure important de s’organiser en réseau. Construire la civic-tech comme un écosystème cohérent où les outils fonctionnent ensemble et se complètent nous semble au contraire indispensable pour engager des actions impactantes. Open Democracy Now nous permet de mieux nous connaître, de mutualiser certaines ressources, de créer des complémentarités et de mieux comprendre les attentes des utilisateurs.

A ce titre, DemocracyOS, en plus de co- organiser le projet Open Democracy Now, y participe en tant qu’atelier, afin de faire découvrir notre plateforme, accueillir de nouveaux contributeurs, bref, la faire évoluer en synergie avec ses utilisateur.rices.

Rendez-vous le 4 juillet prochain chez Volumes Coworking pour une grande soirée Open Democracy Now où nous recevrons Pia Mancini !

Vous souhaitez contribuer ? Rejoignez l’aventure DemocracyOS France !

Faire un don à l’association

Notre action est principalement bénévole : nous avons donc besoin de votre aide pour continuer d’avancer !

Les dons nous offrent la possibilité d’être innovant.es, d’explorer de nouvelles voies, de diffuser notre action sur le territoire français en nous déplaçant à l’occasion d’événements, d’organiser des rencontres thématiques, etc. Les dons nous permettent également d’accueillir ponctuellement des étudiant.es volontaires en stage, dont l’énergie et la motivation nous est précieuse.

Se mobiliser, ponctuellement ou durablement

Vous souhaitez vous mobiliser pour porter l’association DemocracyOS ? Peu importe les compétences ou le temps que vous avez à offrir, nous avons besoin de vous !

  • Venez discuter

Vous souhaitez suivre notre actualité, échanger en direct avec nous, proposer des actions ?

Rejoignez notre espace de discussion ouvert sur l’application Telegram !

  • Partager notre actualité Si vous préférez uniquement suivre nos actualités, vous vous invitons à nous rejoindre sur FacebookTwitteLinkedIn et Mastodont et vous abonner ici à notre Newsletter !

  • Rejoindre l’équipe

Afin de toujours contribuer à l’amélioration technique de notre plateforme nous recherchons des développeur.euses, des personnes qui aiment communiquer (réseaux sociaux, newsletter, etc.), des traducteur.ices, des graphistes / designers…. mais pas seulement ! Nous accueillons à bras-ouverts toute personne motivée pour nous rejoindre, peu importe le temps ou les compétences de chacun.e.

Si notre association vous intéresse, n’hésitez pas à adhérer!

Stage – Merge DemocracyOS France / Argentine

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Offre de stage – L’association cherche un(e) Développeur(se) pour gérer le merge entre la version française de DemocracyOS et la master Argentine.

 

Date d’embauche : Dès à présent

Durée : de 3 à 6 mois

Mots clés : Open Source, Logiciel Libre, Civic Tech, GitHub, Communauté

MISSIONS

En lien direct avec le développeur principal de DemocracyOS France et les contributeurs clés du projet, l’étudiant(e) sera en charge de la « migration » des fonctionnalités de la version française du logiciel (Agora) sur la version actuelle développée par l’équipe Argentine (master 2.0). Les deux équipes ont en effet décidé récemment de « merger » leurs versions, mettant ainsi fin au fork réalisé par l’équipe française en 2012. L’étudiant(e) aura également pour mission de faciliter au maximum l’arrivée de nouveaux contributeurs au sein du projet, l’objectif étant de développer la communauté autour du logiciel afin de permettre sa croissance pérenne.

Merge Agora → Master 2.0

  • Réconciliation de la base de code, en intégrant des fonctionnalités de la version française Agora sur la Master 2.0 argentine

  • Amélioration de la partie « en français » sur la master 2.0 (traduction, documentation, mentions légales etc…)

  • Issues de la master 2.0

[Important] Définir un process de validation sur les fonctionnalités FR à migrer

  • Cibler les fonctionnalités à converser ou non en fonction de leur utilité

  • Assurer les aller-retours avec l’équipe argentine pour définir la meilleure manière de l’intégrer dans le logiciel

  • Récupération / Migration du code agora si possible

  • Dev et Tests

  • Intégration ou non dans la master 2.0

Création d’un environnement favorable à l’arrivée de nouveaux contributeurs

Avec l’appui de l’équipe de DemocracyOS France, l’étudiant(e) contribuera à :

Co-définir une stratégie d’ouverture à court et moyen terme pour développer la communauté open source autour du logiciel

Faciliter au maximum l’entrée de nouveaux contributeurs techniques

Créer un processus de contribution au code, clair et transparent

Technologies

  • HTML 5

  • CSS 3

  • Javascript ES2015 (Babel)

  • Node.js 4 – 6

  • MongoDB 3+

Bibliothèques Node.JS :

  • Express 4 (serveur http / https)

  • Passport (authentification)

  • Jade/Pug (UX)

  • React (UX)

  • Mongoose (modèle de donnée)

Profil / expérience

  • Au minimum 2 ans d’étude en programmation

  • Au moins une réalisation effectuée (projet / application complète) couvrant 80% des technologies / bibliothèques concernées

  • Sensibilité à l’Open Source et aux Civic Tech

  • Posséder son propre équipement informatique

  • Bonne maîtrise de l’anglais technique à l’écrit (l’espagnol est un atout)

Conditions du stage

Durée : De 3 à 6 mois , disponible dès à présent

Lieu : L’étudiant(e) travaillera en lien direct avec le développeur principal de DemocracyOS France ainsi que plusieurs contributeurs clés du projet, au sein de l’espace de co-working Volumes, dans le 19ème arrondissement.

Modalités : L’étudiant pourra être amené à participer aux réunions et assemblées générales organisées par l’association DemocracyOS France, pour présenter l’avancée des travaux.

Il pourra également participer aux hackathons Open Democracy Now organisés par l’association, dans l’optique de faire entrer de nouveaux contributeurs au sein du projet.

Contact

contact@democracyos.eu

DemocracyOS est une plateforme de consultation en ligne qui permet de prendre des décisions collectivement, en toute transparence. Elle est open source, afin d’offrir l’opportunité à un maximum d’acteurs de s’en saisir, de l’utiliser, de l’améliorer (etc.), et d’apporter aux utilisateurs un ensemble de garanties en matière de transparence et de sincérité.

Née en 2012 en Argentine, elle est aujourd’hui disponible en plus de 18 langues et a été utilisée dans une dizaine de pays, à des niveaux de gouvernement différents. En France, son développement est porté par une association, qui assure sa promotion et le développement de sa communauté.

Quelles garanties pour que les consultations citoyennes aient des finalités démocratiques ?

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Les consultations citoyennes sont souvent utilisées par des acteurs privés et publics comme des outils de communication ou de lobbying, dans le but d’asseoir leur légitimité ou d’influencer l’opinion. À quelles conditions une consultation citoyenne peut-elle devenir un authentique outil démocratique ? Quelles procédures, quels dispositifs et quels garde-fous doivent être mis en place pour garantir cette finalité ? La réutilisation des données issues de la consultation peut-elle permettre d’éviter ces types de biais ou, a minima, de les rendre visibles ?

Voici les questions auxquelles ont essayé de répondre nos trois organisations (Regards CitoyensFaisTaLoi.org et DemocracyOS France), en tant que membres du comité de suivi et de contrôle de la consultation sur l’impact de la loi Égalité Femmes / Hommes organisée par l’Assemblée nationale. Nous avons ainsi rédigé une note d’analyse décrivant la méthodologie mise en place pour l’évaluation de cette consultation ainsi que nos principaux résultats. Cette note a été communiquée au comité d’évaluation qui le publiera en annexe de son rapport final. Nous publions également les données produites par l’analyse communautaire des contributions.

Rapport d’évaluation de la consultation Égalité Femme/Homme

Lors de ce travail, deux objectifs nous sont apparus importants afin que cette consultation citoyenne puisse refléter de manière la plus objective possible les avis citoyens.

Premier objectif : s’assurer que l’ensemble des avis formulés par les citoyens consultés soient effectivement lus et analysés. Pour ce faire, nous avons développé et ouvert une plateforme d’analyse collaborative des contributions diffusées (en OpenData)[http://data.assemblee-nationale.fr/autres/consultations-citoyennes/egalite-femmes-hommes] par l’Assemblée. Un peu plus de 400 citoyens se sont prêtés au jeu et ont analysé chaque contribution entre 3 et 11 fois afin de faire émerger les témoignages ou idées qu’ils ont jugés les plus pertinents.

Cet exercice a démontré l’extrême difficulté d’extraire des éléments objectifs, à partir des points de vue recueillis. Comme pour nos autres opérations de crowdsourcing, nous avions décidé de valider l’analyse d’une contribution une fois seulement qu’au moins 3 utilisateurs différents l’avaient évalué à l’identique. Malgré notre volonté d’offrir une grille d’analyse la plus objective possible, cette règle n’a cependant permis de valider que 40 % des analyses, du fait de l’extrême difficulté à surmonter les nombreux biais qualitatifs individuels. 80 contributions d’intérêt sur 900 ont tout de même pu être identifiées grâce à cette méthodologie.

Second objectif : s’assurer que la consultation n’ait pas été instrumentalisée par tel ou tel groupe d’intérêt et identifier les thèmes sur lesquels des avis très opposés se forment. En effet, identifier les communautés qui répondent à une consultation et évaluer le degré d’engagement de leurs membres est un enjeu majeur pour un décideur public soucieux de prendre en compte l’avis du plus grand nombre.

Contrairement à ce que pouvait laisser penser le thème, le sexe déclaré des répondants ne révèle pas de véritable impact sur les réponses apportées par les contributeurs. De même, alors que des thématiques de cette consultation auraient pu paraitre très clivantes, les avis recueillis sont assez homogènes : la majorité des dispositions de la loi Égalité Femmes / Hommes sont jugées améliorables ou peu satisfaisantes.

Les apprentissages offerts par les analyses de cette consultation vont désormais permettre aux députés membres du comité d’évaluation de prolonger leur travail de contrôle : notamment en se rapprochant des différentes communautés qui se sont exprimées lors de cette consultation, en évaluant la faisabilité des améliorations proposées et en trouvant les faits à l’origine des problèmes remontés.

Lire l’analyse de la consultation Égalité Femmes / Hommes

Accéder aux données d’analyse produites par la plateforme d’analyse communautaire